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LE PROGRES - Yssingeaux: Clétore, une clé capable de neutraliser virus et microbes

Pour répondre à l’enjeu sanitaire du moment, la société Jet Cut, spécialisée dans la fabrication de pièces pour l’aéronautique, vient de créer une clé antibactérienne multi-usages en laiton. Un passe-partout hygiénique qui mérite quelques explications.


Clétore, la dernière innovation de Jet Cut à Yssingeaux : elle permet de garder ses distances avec les objets publics à fort passage tels que les poignées de porte, verrous, digicodes, interrupteurs, écrans tactiles résistifs…


« Elle ressemble à une clef métallique dorée. On l’a appelée Clétore. Elle ouvre et ferme les portes, les loquets ; elle aide pour la saisie du code de sa carte bancaire ; elle remplace le doigt pour les digicodes d’ascenseurs ou sur certains écrans tactiles comme à la station essence. Elle sert même de décapsuleur. Et elle peut-être utilisée comme porte-sac en bord de table », détaille Jocelyn Lardet, directeur général de Jet Cut, du groupe Énergie Métal. En vente sur internet et bientôt dans les grandes enseignes et magasins

Le chiffre 7,90

Le prix de la Clétore est de 7,90 euros. Le tarif est dégressif en fonction des quantités commandées. Une gravure laser personnalisée est même offerte au-delà de 100 unités. La PME, basée à Yssingeaux et Clermont-Ferrand, est spécialisée dans la découpe au jet d’eau haute pression pour la fabrication de pièces pour l’aéronautique, un secteur en crise actuellement. Habituellement, Jet Cut travaille sur des trains d’atterrissage, des pièces de structure d’avion et de moteur. Surfant sur les besoins liés à la pandémie de Covid-19, elle découpe désormais des clés capables de neutraliser virus et microbes.

La semaine dernière, elle a produit mille unités de son nouveau produit. Présentées sur un site internet marchand, une centaine de Clétores ont déjà été vendues en moins de quarante-huit heures.

Le concepteur vise les particuliers mais aussi les établissements scolaires, les restaurants, les magasins, les hôpitaux et toutes les collectivités qui emploient des agents de maintenance et de propreté. Cette clé antibactérienne, pourrait aussi rapidement rejoindre les rayons de la grande distribution, des enseignes de bricolage ou encore les tabacs-presse.


« Les coronavirus ou staphylocoques persistent vingt-quatre heures sur le carton, quarante-huit heures sur du plastique et jusqu’à plusieurs jours sur de l’acier. Clétore possède naturellement des vertus hygiéniques grâce au laiton et à un alliage de cuivre et de zinc. Des matériaux que les anciens utilisaient beaucoup pour les poignées de porte, dans les ascenseurs ou les mains courantes d’immeuble haussmannien par exemple. Nous ne faisons qu’appliquer une recette qui a fait ses preuves », note Jocelyn Lardet.

Aucun produit chimique

L’autre point fort de Clétore « made in Auvergne », c’est le procédé de fabrication unique, défend le patron. « Écologique, notre procédé de fabrication préserve toutes les propriétés. Nous découpons le matériau avec de l’eau haute pression jusqu’à 6 000 bars. Ça nous permet d’éviter tout produit chimique sans chauffer la matière ce qui lui ferait perdre ces propriétés naturelles que nous cherchons justement à préserver pour optimiser l’effet antibactérien. » Ce procédé est 100 % respectueux de l’environnement.

« Nous souhaitons que Clétore soit un produit durable, c’est pourquoi nous avons apporté un soin particulier au design. C’est un bel objet qui se glissera facilement dans un sac à main ou un trousseau de clés », assure le dirigeant de Jet Cut.

Où se procurer Clétore ? Directement sur le site internet www.cletore.fr

L’autre enjeu : préserver des emplois Jet Cut, ce sont 45 salariés sur la zone de Lavée, à Yssingeaux ; et 20 à Clermont-Ferrand. Une force de frappe qui peut lui permettre d’augmenter de façon significative son volume de production pour répondre à l’enjeu sanitaire du moment ; et préserver ces emplois. Plus de 100 000 pièces par mois pourront être produites si besoin.


« Nous sommes dimensionnés pour fabriquer de milliers de pièces aéronautiques ; et, aujourd’hui, nous sommes contraints de mettre une partie de notre équipe en chômage partiel (un tiers des salariés actuellement). Nous ne demandons qu’à les rappeler pour produire ! », ne cache pas son directeur général, Jocelyn Lardet.

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